Les 23 quartiers de Courry

COURRY – L’hypothèse étymologique d’associer à Courry le nom d’un personnage gallo-romain dénommé « Curius » reste, pour le moment, sans fondement. Cette supposition écrite par Henri Soulerin, conteur régional, ne possède aucune preuve écrite ou archéologique malgré la diffusion de cette information, effectuée par d’autres auteurs. La découverte d’une stèle romaine ou gallo-romaine gravée au nom de < Curius > permettrait d’accepter cette solution. Une station de cette période existait mais elle n’a pas donné de mobilier d’identification.

Après l’élimination de cette < fausse affirmation > ,les recherches ont pris d ‘autres orientations. A partir de la consultation de documents anciens, il a été dressé une liste des variantes orthographiques de I’actuel nom de « Courry » , »Currio » pour I’an 950,  » Cunio  » et  » Corri » en 1256, « curium » en 1384, « Curio » en 1501 et en 1516, « Couri » en 1703, « Coury en 1715, à partir de 1734 le  » Chartier d’Uzès » mentionne « Courry » sous sa forme actuelle. Mais, nous trouvons des copistes d’actes notariés, depuis le XVIII ème siècle, qui transcrivent souvent phonétiquement ce toponyme . Ces différentes formes du nom du village ont été soumises à la consultation de spécialistes régionaux : Nicole et Michel Wiénin, André Cabrol, Dr Monod, J.Delmas etc…..

La synthèse des résultats se résume de la façon suivante . La série des différentes transcriptions reste homogène dans le temps. Les formes latinisées ou occitanes restent inchangées depuis le X ème siècle. l’étymologie est bien latine « cohortem » qui a donné ( « cour » et ses dérivés (Cabrol). Le grand linguiste français Albert Dauzat ( 1877- 1955) se rallie à cette racine pour le nom de « Courri  » (Domaine et hameau situés dans I’Allier). En appliquant les règles de la philologie occitane régionale ( J.Ronjat – grammaire historique des parlers provençaux modernes- Montpellier 1930.

Les différentes recherches arrivent au mot « corrui » qui se traduit par écroulé ou effondré ( Wiénin). Le lieu-dit se trouve bien près de la dépression naturelle de « la Courpatière » et de  » Fontlongue ». Dans cette hypothèse Courry pourrait se traduire par  » le village près du grand creux » Une autre variante peut s’élaborer à partir de la racine  « court », qui a donné « cortis » pour désigner – un domaine- en latin et – un village-plus tardivement (M.T.Morlet – dictionnaire étymologique des noms de famille).

Dans cette dernière version nous, pouvons faire un rapprochement avec l’emplacement d’une station gallo-romaine située au fieu-dit la Valette sur le territoire de la commune de Courry . Dans les deux cas de figure, l’étymologie de Courry donne bien une racine d’origine latine avec une continuité de trace écrite connue depuis le X ème siècle . Cette reconnaissance nous démontre I’existence d’un domaine ou d’un village de l’époque gallo-romaine. D’autres éléments d’occupation préhistorique consolident la preuve d’ancienneté du terroir courriol.

grangeasses

LES GRANGEASSES – Mot originel « grange  » avec le suffixe augmentatif « asse ».  A l’origine lieu où I’on entrepose les gerbes de blé, d’avoine etc…par extension une dépendance agricole. De nombreux noms de famille dérive de « grange, Grangeasse,  Granget, Grangette, Cranjaud. …

Grangeasses, utilisé au pluriel, dans la version courriole permet d’opter pour I’hypothèse anthroponymique (même nom de personnes donné à un lieu mais I’étymologie du mot correspond bien au descriptif du lieu . A l’entrée du village de Courry il existe bie€n une ancie€nne dépendance agricole qui permettait de pencher pour cette solution.

lafortunelle

LA FORTUNELLE ET LE DEVES -La FORTUNELLE n’est pas un nom courant apparemment il y a tout lieu de croire que ce nom s’apparente à un nom de personne, sans doute quelqu’un qui aurait marqué ce lieu par son passage ou bien sa notoriété .

Autre explication : FORTUNELLE peut se traduire par « Fortune d’elle ». On peut observer sur ce terroir de Courry, limitrophe de Saint- Brês, une parcelle qu’a conservé la marque d’un sondage (galerie de 7 à 8 mètres) d’une prospection de minerai de fer. Une hypothèse peut
faire opter pour cette appellation . Une femme propriétaire de ce lieu aurait pu s’enrichir avec cette exploitation.

Le DEVES ce toponyme est assez répandu en Languedoc. désigne un espace de pâture ouvert a ta communauté locale. pendant les années 50 les « pastresses », ( gardiennes de troupeaux, de chèvres ou de moutons) conduisaient leurs animaux sur ce lieu-dit dénommé (les abris). Le versant nord-est, qui domine la petite vallée de Fontlongue. par sa morphologie se trouvait à l’abri des vents froids de I’hiver.

leplot

LE PLOT – Les anciens textes désignent cet endroit « le plot » qui se traduit par « le lieu plat » .La morphologie du support calcaire correspond bien à un espace plat . Le groupement de maisons représente te type même de l’évolution du quartier. A l’origine d’une seule maison se sont greffés d’autres bâtiments : dépendances agricoles ou demeures des enfants mariés autour de la résidence parentale, four à chaux.

lerieusset

LE RIEUSSET  ou VALAT du RIEUSSET – se traduit par ( ruisseau sec ) Courry comme tous les villages situés en zone calcaire possède de nombreux ruisseaux sans eau pérenne. Temporairement, après d’importantes précipitations atmosphériques, ces « valats » canalisent les eaux vers des pertes karstiques ou vers la Cèze . Il y aurait eu un barrage qui s’avéra catastrophique en provoquant des inondations. Il fut remplacé par un pont .

croix parents

LA CROIX DES PARENTS – Quartier composé de plusieurs parcelles de terres connues sous le toponyme « Parans » ou « Parens ». Les anciens maintenaient une tradition orale de « La Croix de Parens ». les « Parans » désignaient des jardins entretenus à proximité des maisons. Avec I’oubli de l’ancien parlé, une confusion s’est développée, dans le temps, avec le terme « Parent » ( membres d’une famille).

le village

LE VILLAGE – Eglise romane du XII ème siècle, elle est classée sur l’inventaire supplémentaire des monuments historiques depuis le 17 mai 1982 .D’origine plus ancienne, sans doute construit€ sur les fondements d’un ancien édifice, elle fut désignée sous deux vocables différents SAINT MARTIN de COURRY (juin 1215)
NOTRE DAME DE COURRY ( 1 675)

Pendant la guerre des Camisards, l’église fut incendiée en 1703 et réparée en 1706 .
Restaurée extérieurement en 1979, elle bénéficie, sur la place, d’une magnifique croix métallique ornée des symboles de la Passion, elle a été bénie le 9 août 1838 . Autour d’elle se trouvait le cimetière qui a été transféré au valat de la Boite.

reboul

REBOUL – ( …. L’étymologie de < REBOUL est encore incertaine à préciser au niveau de nos connaissances actuelles. La racine de ce nom semble provenir à une ancienne tradition « la Réboulade » ( lieu d’une fête populaire organisée en fin des moissons). En égard de la position du harmeau sur un relief accidenté, il est préférable de s’orienter vers l’hypothèse patronymique. Un ou une dénommé(e) REBOUL aurait laissé son nom à ce hameau .

La tradition orale, colportée pal les anciennes familles de Reboul, attribuait l’origine de ce hameau â la période de la guerre de cent ans . Ce lieu aurait servi de terre d’asile.
Au XIII ème siècle, dans la « Mansus de Sallis », se trouve un « Pons de Reboul ».  Ce manuscrit démonte l’existence du hameau à cette période. Donc avant les troubles précites.

Un manuscrit ancien « le Chartier de portes », étudié partiellement par J.B. Elzière », énumère les titres de la famille de Budos de Portes.  La dite famille a été l’une des plus considérables du Bas-Languedoc. Venue de Guyenne au début du XIV ème siècle, après de nombreuses alliances, elle construit un immense domaine en plein cœur des Cévennes. Ce territoire englobait vingt-cinq paroisses des anciens diocèses d’Uzès, Mende, Viviers, et Nîmes dont les deux chefs étaient l€es châteaux de portes et de Theyrargues, titrés de marquisat et de vicomté. Cette héritage parvient intact à la fin du XII ème siècle.

Un titre de ce « Chartier » permet d’extraire ta mention suivante « autre parchemin contenant reconnaissance faite par Aigline Reboul…de plusieurs pièces au lieu et terroir de Portes…..12/11/1387. Cette référence permet de mettre en évidence une puissante famille de ( Reboul, dans la région, au XIV ème siècle.
Il faut-savoir que Reboul dépendait du domaine seigneurial de Castillon lui même rattaché à celui de Portes . Ce qui lui octroya une appartenance successive à « Castillon » ensuite à Gagnieres , Jusqu’à la moitié du XIX ème siècle. Par contre, l’appartenance « spirituelle » de la région (Reboul, Castillon, Gagnières, Sauvas) se rattachait au prieuré de Courry annexe de l’abbaye de Bonnevaux,

Une « estime » de Courry, datée de 1464, mentionne le lieu-dit « Mas de Reboul »). En 1661 , le « Compoix du mandement de Castillon » comporte une rubrique « Lieu de Reboul » avec huit maisons et 161 parcelles en limite avec le taxable de Courry où résident bon nombre de propriétaires. Ce document précise la présence d’,un four pain commun et d’un habitant du no de Simon Boniol. régent (titre porté par le représentant des intérêts du propriétaire noble)

Un « Compoix » de Courry. daté de 1768, mentionne Reboul avec quatre résidents : Joseph Galdin, Jacques Thomas, Joseph Lacroix et Jean Gilles.

Après les effets de_la Révolution Française, le village de Courry se retrouve rattaché à la commune de Castillon ( Gagnières). à partir de 1793, et reprend son indépendance en 1808.

La municipalité réclame. dans son administration. le hameau de Reboul en l809. Cette demande, non satisfaite, est réitérée en 1840. Le rattachement sera plus tardif. . .

les hermas

LES HERMAS – Ce nom provient de l’ancien parlé qui a développer une contraction du mot « herme » et « mas ». Le mon « herme » désignait un endroit inculte et « mas » une construction agricole. >Les HERMAS peut se traduire par des maison rurales construites sur un lieux inculte.

les mahistres

LE MAHISTRES – (parfois nommé « Le Mahïstre » Ce nom provient d’une déformation orthographique, dans le temps, d’une traduction patoise « Lou Maistre » (les Maîtres en français). Effectivement, au cours des XVIII ème et XIX ème siècle ce quartier composé de petits commerces (cafés- auberges. régie. cordonnier. boulangerie, forgeron, boucher…) avec le mairie au centre , rassemblait plusieurs familles avec des activités mixtes de type agricole et commerce ou agricole et artisanat. Cette situation conférait aux habitants du lieu des revenus supérieurs aux autres familles paysannes du village, aux conditions, souvent, modestes d’où le nom des Mahistres. Ces riches prêtaient de l’argent et procuraient du travail aux plus défavorises.

les piles

LES.PILES – A l’angle de la maison d,accès au camping, vous remarquerez la plaque signalétique d’un forgeron au travail. Le dernier maréchale-ferrant du village (année 50), possédait une forge et résidait dans ce lieu. L’appellation « les Piles » viendrait de la construction d’un pont ‘près du monument aux morts) qui enjambe le ruisseau des « Gours » ou de la « Boite ». Ce lieu a connu, dans le temps, différentes appellations « la Masade » (le gros mas) et le « mas de la Borie »  racine languedocienne « borio » qui désigne une maison rurale isolée.

cairades

LES CAIRADES ou CAYRADES – son origine semble dériver du mot patois « les caïres » qui se traduit par – lopins de terre séparé par des clôtures artificielles ou naturelles. Les parcelles riveraine de ce carrefour enfermées par le recoupement des voies et du ruisseau permet d’opter pour cette hypothèse étymologique.

les ranquets

LES RANQUETS – très fréquemment utilisé pour nommer des terrains rocailleux pour ne pas dire rocheux; beaucoup de coteaux, de rochers isolés, d’écueils portent ce nom. Pendant longtemps ce nom n’a plus été employé et a donc disparu des usage de la langue, l’appellation « Ranquet » peut vouloir dire aussi : terrain ou quartier séparé du reste.

le figeirolle

LA FIGUEIROLLE – Dérivatif du « figuïero » se traduit par « figuière » en patois. Ici le toponyme désigne un lieu où se trouvent des figues.

le serras

LE SERRAS – Petite colline basse au sol aride.

la tourre

LA TOURRE – Ce lieu-dit, par hypothèse, semble désigner un ancien observatoire qui pe€rmettait aux occupants de Courry de s’informer sur les mouvements des personnes et du matériel qui empruntaient le « chemin royal de Villefort à Saint Ambroix » ou « la Drailhe du Languedoc »

Remarque : ce terroir est parcouru par deux voies « le chemin de Tourre »  et « le chemin du Chaussier  » . Le terme « chaussier  » correspond à une francisation de la désignation patoise « tchiaoussié » qui signifie « four à chaux ».

Près de ce chemin, il est encore possible d’observer les ruines de deux anciens fours à chaux .

la draille

LA DRAILLE – Nom donné à des anciennes voies .La croisé€ des chemins, de ce lieu, a servi jusqu’au début du siècle dernier de point de rassemblement aux troupeaux de moutons qui arrivaient de l’Uzège et du Bas-Vivarais. En transhumance régionale, Courry était la jonction de « drayes « , sur la « Collectrice de Malons », pour les élevages ovins qui partaient « en estive » (pâturage d’été) vers la Lozère.

les combes

LES COMBES ou LA COMBE – En étymologie cévenole ce terme désigne un petit vallon situé, généralem€ent, entre deux collines (des serres). Le mot d’origine gauloise « cumba » désignait une dépression en forme de vallée étroite. Le nom de « Combe » est devenu un patronyme très répandu au sud de la France. Le lieu occupé par une famille prenait le même nom d’où son affectation anthroponymique. Des variables existent : Combal, Combette et Combaluzier.

castilhoux

CASTILHOUX – et non pas Castihaux. Les « Castilloux » ou le « Castillou ». Lieu où résidaient une ou des familles dénommées « Castillon »

laulanet

LAULANET – Étymologie : lieu où poussent des noisetiers. L’emplacement de ca lei ne semble pas propice à la présence des ces arbres fruitiers. L’hypothèse d’opter pour un patronyme de correspondance semble plus juste. Un lieu-dit où demeurait une famille dénommée ‘Laulanet » ou « Aulagnier ».

les rivières

LES RIVIERES – A l’identique des Thomazes, ce hameau doit son nom à un patronyme. Lieu ou habitait une famille du nom de Rivière. Son appellation semble assez tardive puisque les textes anciens précités ne mentionnent pas ce lieu-dit. Par contre, le nom de famille « Rivière » est un des plus connu sur le terroir de Courry.

En 1464, nous trouvons un dénommé Jean Rivière au « mas de Puech » actuellement( hameau des Tomazes). Nous pouvons admettre que cette maison se trouvait sur le lieu actuel hameau des Rivière car le même Jean Rivière détenait la deuxième propriété la plus taxée du village.

Dans le contexte du XV ème siècle une seule bâtisse avec quelques terres situées à proximité d’un lieu-dit devait prendre le même nom. Dans le manuscrit référé nous avons un « Pierre de Rivière des Salles » (Gagnières) et un  « Antoine Rivière de Saint Ambroix ». En 1501, dans un autre document, nous retrouvons un « Pierre Rivière » qui avait déposé un grand coffre dans l’église, presque ruinée, de Courry. A la fin du XVIII ème siècle, nous dénombrons 11 familles « Rivière » ‘1768).

les thomases

LES THOMAZES ou THOMASES – Dérivatif de « Thomas » nom de famille très répandu. Son origine biblique est issue de I’araméen (TOMA). Ce hameau a connu son apogée avec I’occupation de plusieurs familles de « Thomas ».
Cette concentration patronymique a changé, dans le temps, la dénomination du lieu_dit « le Puech » en « Thomazes » lieu où habitaient des ( Thomas ) .

Les anciens grimoires nous apprennent que ce site se nommait « le puech »  lieu sur une hauteur –

Effectivement, jusqu’au XVIII ème siècle, cette agglomération reste le point le plus élevé du village de Courry, Actuellement, Reboul avec 415 mètres d’altitude dépasse celle des Thomazes à 380 mètres . Les documents connus nous permette€nt de mettre en évidence la mention « le Puech » à partir du XV ème siècle et  même, au XIII ème siècle.

Nous retrouvons des similitudes étymologiques avec l’occitan « pueg  » (puy, colline, montagne…) et le mots « pioch » (dans l’Hérault), « pech » (plus à l’ouest) ou « pé », en Provence qui ont la même signification .

pierre morte

LA PIERRE MORTE – Un manuscrit de 1464, mentionne ce lieu-dit sous le terme patois de » peyre morte » son origine semble s’expliquer par la présence de filons de minerai de fer qui affleurent sur la partie nord ( traces encore visible). Leurs positionnements lenticulaire, de surface épuisait rapidement toutes les tentatives d’exploitation d’où l’appellation « Pierre Morte » (la pierre qui ne produit plus)

La situation géographique de ce toponyme, placé au creux de deux montagnes, lui octroie le nom de « Col de la Pierre Morte ». Altitude ; 343 mètres .

Sur la façade d’une maison, une plaque signale le nom du hameau et commémore, par la même occasion. I’ancienne activité de ce lieu au travers d’une image de mineur.

la boite

LA BOITE – Nom du « valas » qui coule tout près. Plaque privée.

En 1984 17 plaques ont été réalisées et posées par l’association « Les Amis de Courry »
En 2004 l’association « Le Plateau des Gras » a permis la pose de 6 plaques sur support de lave.

Deux plaques ont été financées grâce à une subvention du Conseil Général et d’un souscription lancée en 2003.

Réalisation « LE PLATEAUX DES GRAS » février 2005

Bibliographie :

Madame L. Abeille
Monsieur JF Aupetitgendre
Monsieur P. Fabre
Monsieur C. Bouquet
Monsieur C. Talon

Photographies :

Monsieur et Madame C. Bouvet
Monsieur P. Matteuzi

 

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