Le samedi 24 janvier, la librairie Île poétique vous accueillera à 19h00 pour une nuit de la lecture ! A vous de choisir des extraits, de romans, poèmes ou autres écrits … sur le thème « Villes et campagnes »… et nous gouterons des soupes que chacun, chacune voudra nous partager … Nous verrons si la soirée continue jusqu’à 22h00 ou plus… vous pourrez rester le temps qui vous semblera idéal !
Un avant goût …. de possibles …
Histoire d’une montagne, histoire d’un ruisseau d’Elisée Reclus chez Libertalia
« J’étais triste, abattu, las de la vie. La destinée avait été dure pour moi, elle avait enlevé des êtres qui m’étaient chers, ruiné mes projets, mis à néant mes espérances. L’humanité tout entière, avec ses intérêts en lutte et ses passions déchaînées, m’avait paru hideuse. Je voulais à tout prix m’échapper.
Sans trop savoir où me conduisaient mes pas, j’étais sorti de la ville bruyante,et je me dirigeais vers les grandes montagnes dont je voyais le profil denteler le bout de l’horizon.
Je marchais devant moi, suivant les chemins de traverse et m’arrêtant le soir devant les auberges écartées. Le son d’une voix humaine, le bruit d’un pas, me faisaient frissonner ; mais, quand je cheminais solitaire, j’écoutais avec un plaisir mélancolique le chant des oiseaux, le murmure de la rivière et les mille rumeurs échappées des grands bois. Pour la première fois depuis bien longtemps, j’éprouvai un mouvement de joie réelle. »
Aventures administratives d’une idée heureuse d’Honoré de Balzac aux éditions de l’éclat

« Fantasque avant propos
Après minuit, dans un salon de Paris, au moment où les rangs des preneurs de thé s’étaient éclaircis, où les gens qui viennent se faire voir avaient disparu, se rencontrèrent quelques personnes dont les esprits se mirent à l’unisson et vibrèrent doucement.
Il s’ensuivit une de ces conversations fortes, pleines de choses, tout à la fois railleuses et polies, comme parfois il s’en écoute encore dans cette ville, aussi réellement profonde qu’elle semble folle.
Avez-vous quelquefois, en hiver, étudié du haut d’un pont les bizarreries du charriage des glaces sur un grand fleuve? Les glaçons filent, s’entre-choquent, remontent, dévient de leur route, vont à droite, vont à gauche; puis en un moment, on ne sait Pourquoi, tout-à-coup ils s’engrènent, se saisissent, les figures de leur contredanse fluviatile s’arrêtent, il se forme un majestueux plancher sur lequel un marmot saute pieds nus, hardiment, et court d’un bord à l’autre. Il en est de l’entente des âmes ou des esprits dans les salons de Paris comme de cet engrenage des glaçons. Hommes et femmes se sont vus, se sont froissés, sont venus, se sont salués hier, et ne se sont point entendus; aujourd’hui, personne ne sait pourquoi, ce soir, devant la cheminée, ils se sont trouvés enchaînés les uns aux autres, dans une même période d’idées, pour goûter de compagnie les charmes d’un moment unique, sans ramifications dans l’avenir, sans liens dans le passé. Est-ce le froid? Est-ce le chaud? Quel timbre a rassemblé l’essaim de ces pensées? Quel choc a désunies? À ces interrogations, nulle réponse. Vous demanderez où est l’enfant insoucieux qui tracera naïvement la plante de ses pieds sur cette glace mouvante tout à l’heure, et maintenant arrêtée. Lisez »
La librairie est ouverte aux heures habituelles …
A bientôt !
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Isabelle Combaluzier
Librairie Île poétique
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